Cadeaux fiscaux de Macron : action d’Attac, du DAL et du collectif « Nos droits contre leurs privilèges » au LVMH de Saint Germain

Samedi 20 mai, 50 militant·e·s d’Attac, du DAL et du collectif « Nos droits contre leurs privilèges » ont mené une action symbolique devant la boutique LVMH de Saint-Germain à Paris pour alerter sur le danger des mesures fiscales annoncées par le nouveau Président de la République Emmanuel Macron et l’absence de mesures sociales.

Samedi 20 mai à 11 h, 10 pères et mères noël en costumes cravate ont déposé des cadeaux fiscaux géants au pied de la boutique LVMH du Boulevard Saint-Germain à Paris. Sur ces cadeaux figuraient les principales mesures fiscales annoncées par le Président : baisse de l’impôt sur les société de 33 % à 25 %, réforme de l’impôt sur la fortune et baisse de charges pérennes pour les entreprises.

Le propriétaire de cette boutique n’est autre que Bernard Arnault, l’homme le plus fortuné de France. En 2016, le patron du groupe de luxe a vu sa fortune augmenter de 22 % pour atteindre 37 milliards d’euros, et se hisser à la 11e place mondiale. Il est également un champion de la spéculation immobilière ou sur les œuvres d’art et l’un des artisans, avec le soutien de la mairie de Paris, de la transformation du centre de la capitale en musée, chassant ainsi les habitants les plus modestes qui avaient réussi à s’y maintenir. Le 5 mai dernier, Bernard Arnault avait adoubé le Candidat Macron seul capable de porter « un programme de liberté et de stimulation du succès économique » dans une tribune publiée dans « son » journal, Les Échos. Et on le comprend ! Grace aux mesures fiscales prévues par Emmanuel Macron, c’est le patrimoine et les avoirs de Bernard Arnault et des autres fortunes de France qui risquent d’être inutilement stimulés dans les années à venir.

Ces cadeaux fiscaux, le soutien à la spéculation immobilière et la casse du droit du travail, voulus par le président, vont frapper de plein fouet salarié·e·s, précaires, locataires ou habitant·e·s des quartiers populaires. Plus pour une poignée de privilégiés, moins pour le plus grand nombre. Pour les précaires, c’est la casse du système de santé, des retraites, du statut locatif, l’accélération des expulsions de logement, aucune mesure ne permet la baisse des prix des loyers et le relogement des sans abris, des mal logés, des DALO ! Si nous ne le combattons pas, celui qui est déjà perçu comme le président des banques et des multinationales renforcera la crise sociale et écologique et donnera du grain à moudre à l’extrême-droite.

Bref, avec « papa Emmanuel », pour les riches, c’est déjà Noël ?

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7 militant⋅e⋅s anti-évasion fiscale entendus par la police : les délinquants sont les banquiers, pas les citoyen⋅e⋅s engagés !

Quel est le délit le plus grave ? Organiser l’évasion fiscale et mentir devant une commission d’enquête parlementaire, ou bien passer une couche de blanc de Meudon sur une vitrine d’agence bancaire ? La réponse des pouvoirs publics semble claire : malgré les révélations des «  Panama Papers  » et les mensonges du DG de Société générale, aucune convocation ni poursuite contre les banquiers, alors qu’Aurélie Trouvé, porte-parole d‘Attac, et six autres militant·e·s doivent répondre aux questions des policiers pour une action symbolique contre l’évasion fiscale. Alors qu’aucun des deux finalistes de l’élection présidentielle n’affiche de volonté crédible de lutter contre l’évasion fiscale, l’action citoyenne est plus que jamais nécessaire et légitime.

Contrairement à présidente du Front national, Marine Le Pen, les militant·e·s d’Attac se sont rendus à leurs convocations et ont assumé leurs actes. Ariane, Aurélie, Jean-Marie, Pierre, Vincent et Youlie ont été auditionnés par la police ces 24 et 25 avril, Françoise sera finalement entendue le 16 mai prochain.

 

Pour quelle raison ? Une action symbolique réalisée le 1er avril contre la Société générale des Champs-Élysées : la vitrine de l’agence avait été opacifiée au « blanc de Meudon » pour dénoncer l’opacité et l’impunité de la banque dans son activité de blanchiment de fraude fiscale. 35 militant·e·s avait été arrêtes et placés en garde à vue avant d’être relâchés dans la journée. L’action célébrait le triste premier anniversaire des « Panama Papers », qui ont démontré l’implication active de la Société générale dans l’évasion fiscale internationale mais n’ont été suivis d’aucune sanction.

 

La banque a fait créer pour ses clients au moins 1 005 sociétés offshore au Panama via le cabinet Mossack Fonseca. Frédéric Oudéa, DG de Société générale, avait menti en niant toute activité au Panama devant une commission d’enquête sénatoriale en mai 2012. Pourtant, malgré une perquisition du Parquet national financier en avril dernier, aucune poursuite n’a été engagée contre lui ou sa banque, ni par le Sénat, ni par la justice.

 

Ce sont les dirigeants de la Société générale, menteurs récidivistes tant dans l’affaire Kerviel que sur les « Panama Papers », qui devraient être convoqués par la police et la justice, et pas les militant·e·s qui luttent contre l’évasion fiscale et l’impunité des plus riches. L’absence de sanctions pour la Société générale et ses dirigeants est une véritable insulte aux citoyen·e·s, justiciables et contribuables ordinaires.

 

LuxLeaks, SwissLeaks, Panama Papers… la multiplication des révélations a jeté la lumière sur les pratiques de banques et de multinationales comme Apple, BNP Paribas, Ikea, Engie, McDonald’s, Société générale, Starbucks, Total ou Zara qui profitent de l’opacité financière et de la complicité des pouvoirs publics pour évader des sommes colossales dans les paradis fiscaux. Avec ou sans suites judiciaires, Attac compte poursuivre ses actions partout en France pour que ces multinationales rendent l’argent qu’elles ont détourné et qu’elles payent leur juste part d’impôts dans les pays ou elles exercent leurs activités.

Pour en savoir plus


Comment McDonald’s ampute les revenus des salarié·e·s et les recettes du trésor public

vendredi 7 avril 2017, par Attac France, CGT McDonald’s Ile-de France, ReAct

Ce rapport décrypte le « système McDonald’s en France » (selon la terminologie de la multinationale). Un système qui organise la maximisation des profits aux dépens de ses salarié.es et des recettes de l’État en s’appuyant principalement sur deux mécanismes juridiques : l’évitement des seuils sociaux, via notamment les restaurants franchisés, et un dispositif de redevances.

Le dispositif de redevances a déjà fait l’objet de rapports détaillés où il est expliqué que : « McDonald’s a pu procéder à une optimisation agressive et potentiellement abusive de sa structure, ce qui lui a permis d’éviter de payer des montants élevés d’impôts sur le continent ». Ces stratégies « d’optimisation fiscale » auraient coûté aux gouvernements européens plus d’1,5 milliard d’euros de recettes fiscales entre 2009 et 2015 3. Au total, ce sont entre 386 millions et 713 millions d’euros qui auraient échappé à l’État français entre 2009 et 2013. Les salarié.es sont aussi victimes de ce montage fiscal : car en impactant le résultat net de chaque société, ces frais de redevances ont notamment pour effet de minorer l’éventuelle prime de participation due à chaque salarié·e.

La présente étude est complémentaire à celles qui ont précédemment été publiées sur la multinationale : elle vise cette fois à chiffrer le manque à gagner pour les salarié.es du système McDonald’s en raison du contournement de l’obligation de versement de la participation des salarié.es aux résultats d’entreprises via le système des franchises.
En effet, bien que McDonald’s emploie 73 000 personnes en France, c’est le droit social des petites entreprises qui s’applique dans la majorité des restaurants franchisés : ce qui leur permet de ne pas avoir à partager leurs bénéfices avec les salarié·e·s.

En nous appuyant sur l’analyse des comptes de 974 sociétés exploitant des restaurants McDonald’s sur une période de 10 ans, nous estimons que plus de 40 millions d’euros échappent chaque année aux salarié.es et viennent gonfler les profits de la multinationale et de ses franchisés, soit près de 420 M€ cumulés au cours des 10 dernières années. Pour les salarié·e·s qui auraient pu bénéficier de participation, le montant non versé équivaut à 969€ par salarié.e et par an, soit l’équivalent d’1,3 salaire mensuel net pour un.e salarié.e au SMIC et travaillant 24h par semaine. Aux revenus amputés, s’ajoute la précarité des salarié·e·s à qui ne sont proposés que des McJobs : la plupart des salarié·e·s de McDonald’s travaillant à temps partiel, pour de tout petits salaires (proches du SMIC horaire), et ne touchant ni prime pour le travail en soirée, ni pour celui du week-end, ni de 13e mois.

Les pratiques fiscales et salariales contestables de la multinationale ne l’empêchent pas pour autant de bénéficier des aides publiques. Nous avons calculé qu’en 2015, le système McDo notamment a profité de 49 millions d’euros d’argent public par le biais du CICE.

Réalisée avec l’appui d’experts comptables et juridiques, la présente étude s’appuie sur des informations comptables et légales qui sont toutes accessibles publiquement, des informations publiées par le groupe McDonald’s, des rapports d’étude ainsi que des articles de presse.

Les signataires de ce rapport œuvrent en faveur d’une amélioration des conditions de travail et d’emploi des salarié.es de la multinationale McDonald’s

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Comment Mac Donalds empute les revenus des salarié.es et les recettes du Trésor Public
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Sur la piste des banques françaises dans les paradis fiscaux
Cette étude a été faite par le CCFD-Terre Solidaire, Oxfam France et le Secours Catholique-Caritas France (en partenariat avec la Plateforme paradis fiscaux et judiciaires et publiée le 16 mars 2017
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Nous avons trouvé 200 milliards nécessaires à la transition sociale et écologique

Ce mardi 28 mars, l’association Attac publie un rapport intitulé « Rendez l’argent ! » dans lequel elle montre qu’il est possible de récupérer chaque année plus de 200 milliards d’euros d’argent public confisqué. La publication de ce rapport, soutenue par un ensemble d’organisations [1], s’inscrit dans le cadre d’une série d’actions à l’initiative de l’espace commun de mobilisations « Nos droits contre leurs privilèges ».

Ce rapport fait notamment suite à l’action organisée par Attac le lundi 13 mars à l’Apple Store de Saint Germain-des-Près pour dénoncer l’évasion fiscale des multinationales et annonce la « Semaine internationale contre les paradis fiscaux » qui aura lieu à partir du 1er avril, à l’occasion de l’anniversaire de la révélation des «  Panama Papers ».

«  I want my money back  » : c’est la fameuse formule de Margaret Thatcher en 1979 qui réclama et obtint une « ristourne » de la quote-part du Royaume-Uni au budget européen. Aujourd’hui, «  we want our money back  ! » nous demandons que les centaines de milliards d’euros confisqués par l’évasion fiscale, par le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), par une fiscalité trop généreuse à l’égard des plus riches, par l’absence de taxe sur les transactions financières… nous soient restitués ! Et qu’ils servent aux urgences sociales et écologiques, à la réhabilitation des services publics, à la création des dizaines de milliers d’emplois nécessaires à la transition écologique ou encore au respect du droit au logement et à la solidarité internationale..

« L’impôt, qui devrait être vu comme une contribution citoyenne, est discrédité par la fraude et l’évasion auxquelles se livrent les privilégiés et cette injustice fiscale sape les fondements du contrat social  », dénonce Dominique Plihon , porte-parole d’Attac, économiste et coordinateur du rapport, « Pourtant l’argent est là, accumulé, dissimulé, évadé par les plus riches et les multinationales. Dans le rapport “Rendez l’argent”, nous montrons qu’il est possible de récupérer chaque année plus de 200 milliards d’euros d’argent public confisqué.  »

«  Rien n’oblige à détruire l’emploi et les droits sociaux, à appauvrir les services publics ou à bloquer le financement de la transition écologique  », affirme Aurélie Trouvé , porte-parole d’Attac, économiste et coordinatrice du rapport, « mais il faut de la volonté politique pour mettre en place une série de mesures pour récupérer cet argent : cela passe par la lutte contre l’évasion fiscale, la taxation des transactions financières, une réforme fiscale visant une plus juste distribution des revenus et des richesses ou encore l’arrêt des grands projets inutiles et la suppression des subventions aux énergies fossiles. »


Action choc d’Attac contre l’évasion fiscale : Apple doit rendre l’argent !

Ce lundi 13 mars à 8 h 30, 30 militant·e·s d’Attac ont symboliquement opacifié les vitrines d’Apple Store de Saint-Germain-des-Près pour dénoncer l’évasion fiscale pratiquée par la marque à la pomme. Attac appelle à multiplier ces actions pour que les multinationales rendent l’argent qu’elles ont détourné depuis des années et qu’elles payent enfin leur juste part d’impôts dans les pays ou elles exercent réellement leurs activités.

Ce lundi 13 mars à 8 h 30, 30 militant·e·s d’Attac ont opacifié la vitrine de l’Apple Store de Saint-Germain-des-Près, en la recouvrant de blanc de Meudon. Ils dénonçaient l’opacité financière et l’évasion fiscale pratiquée par à la marque à la pomme pour échapper au paiement des impôts dans les pays où elle vend ses ordinateurs, smartphones et autres objets connectés. En 2016, la Commission européenne a déjà condamné Apple à rembourser 13 milliards d’euros à l’Irlande. À cette occasion, elle a mis en évidence que les client·e·s d’Apple achetaient leurs produits à une filiale irlandaise plutôt qu’aux magasins qui leur vendaient ces produits. Par divers accords fiscaux passés avec l’Irlande, Apple a réussi l’exploit de payer entre 2 % et 0,005 % d’impôt sur les sociétés pour l’ensemble des activités européennes. Pour Annick Coupé, Secrétaire générale d’Attac, « cette amende de 13 milliards d’euros n’est que la partie visible de l’Iceberg. En 2016, Apple détenaient 215 milliards de dollars sur des comptes offshore. Des sommes colossales qui échappent à la fiscalité des pays dans lesquels la multinationale exerce réellement ses activités  ».

Pour lutter contre l’opacité financière, la société civile se mobilise depuis des années en faveur du «  reporting pays par pays » , soit l’obligation pour des multinationales comme Apple de rendre publics le nombre de filiales, le chiffre d’affaires, les profits et le nombre d’employés dans tous les pays où elles sont implantées. Cela permettrait de jeter la lumière sur leurs pratiques d’optimisation fiscale. À 48 h du verdict du procès en appel du «  LuxLeaks  », cette action est également l’occasion de rappeler qu’Apple fait partie des clients du cabinet d’affaires PwC qui ont passé des accords secrets avec le fisc luxembourgeois. Ces accords secrets, la course à la baisse des taux d’imposition, la multiplication des niches et autres incitations fiscales ont des conséquences désastreuses sur l’équité fiscale ou la progressivité des systèmes fiscaux partout en Europe.

En pleine période électorale, alors que des candidat·e·s promettent de diminuer le nombre de fonctionnaires, de couper les vivres aux collectivités locales ou de reculer encore l’âge de la retraite parce que les « les caisses de l’État sont vides » , nous voulons démontrer que de l’argent, il y en a beaucoup, accumulé, dissimulé, évadé par les plus riches et les multinationales. Attac France s’apprête à publier un rapport « Rendez l’argent » qui fera la démonstration qu’il est possible – et urgent ! – de récupérer près de 200 milliards d’euros par an. Comment ? Par des mesures balisées et crédibles, qui pourraient être mises en œuvre par un gouvernement volontariste et poussé par les citoyen·ne·s, associations, mouvements et syndicats mobilisés en ce sens.

Cette action est la première d’une série d’actions qui seront menées partout en France dès le samedi 1er avril, notamment dans le cadre de la semaine mondiale d’action contre les paradis fiscaux #EndTaxHavens. Qu’elle soit légale ou illégale, l’évasion fiscale, qui permet aux multinationales et aux personnes fortunées d’échapper au paiement de leur juste part d’impôts, est une pratique de plus en plus insupportable pour une majorité de la population.


Le 11 avril, mettons BNP Paribas au banc des accusés

BNP Paribas poursuit une nouvelle fois un Faucheur de chaises en justice, Florent Compain, président des Amis de la Terre France. Le collectif annonce la reprise de ses actions en vue de son procès qui aura lieu le 11 avril à Bar-le-Duc. Il s’agira de mettre la banque sur le banc des accusés pour sa responsabilité en matière d’évasion fiscale, de financement des énergies fossiles et de violation des droits humains.

Alors que le premier procès d’un Faucheur de chaises, Jon Palais, a été une victoire majeure qui a légitimé la lutte contre l’évasion fiscale avec la relaxe totale de Jon Palais jugé le 9 janvier 2017 à Dax, BNP Paribas poursuit une nouvelle fois un militant. Florent Compain, président des Amis de la Terre, sera jugé le 11 avril à Bar-Le-Duc (Meuse) pour « vol en réunion », suite à une action de réquisition de citoyenne menée le 6 novembre 2015 à Nancy. Il risque à son tour 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende.

Les Faucheurs de chaises appellent à nouvelle vague de mobilisation non-violente pour mettre BNP Paribas sur le banc des accusés. À partir de ce 27 février et jusqu’au 11 avril, des actions viseront ainsi les agences de la banque partout en France, et notamment lors de la Semaine mondiale d’actions #StopParadisFiscaux qui se tiendra du 1er au 7 avril. Le 11 avril, une mobilisation aura lieu à la fois à Bar-le-Duc où se tiendra le procès, et à Paris devant le siège de BNP Paribas, au 16 boulevard des Italiens.

Cette nouvelle mobilisation vise à dénoncer l’impunité dans laquelle se trouve la banque malgré sa responsabilité avérée dans l’industrie de l’évasion fiscale, et ses lourds financements aux énergies fossiles responsables du changement climatique et trop souvent liés à des violations des droits des populations. L’impunité dont jouissent trop souvent les banques et les multinationales est une situation de plus en plus insupportable pour une majorité de la population. En pleine période électorale, les Faucheurs de chaises entendent le rappeler et montrer que si des centaines de milliards d’euros manquent aujourd’hui pour financer les urgences sociales et la transition écologique, c’est uniquement le résultat de décisions politiques.


Les Faucheurs de chaises ouverts au dialogue avec BNP Paribas et déterminés à poursuivre les actions

Les Faucheurs de chaises maintiennent l’appel aux actions et à la mobilisation pour le procès de Florent Compain le 11 avril à Bar-le-Duc. La déclaration de BNP Paribas de ne pas se porter partie civile n’annule pas le procès, et n’apporte pas de réponse aux activités de la banque favorisant l’évasion fiscale et aggravant le dérèglement climatique. Les Faucheurs de chaises se déclarent disponibles pour un dialogue constructif avec BNP Paribas sur ces différents sujets.

Mardi 28 février, BNP Paribas a annoncé ne pas se constituer partie civile et renoncer à demander des dédommagements à Florent Compain, président des Amis de la Terre France. Ce Faucheur de chaises [1] est poursuivi en justice par BNP Paribas pour avoir participé à une réquisition citoyenne de chaises à Nancy en novembre 2015, et doit comparaître au tribunal de Bar-le-Duc le 11 avril.

 

Cette déclaration de BNP Paribas est faite au lendemain de lettres envoyées par les Faucheurs de chaises aux directrices et directeurs de plus de 200 agences BNP Paribas dans les régions de Paris, Nancy, Bayonne, Rouen, Besançon, Angers, Tarbes, Tours, Côte d’Or, lundi 27 février. Ces lettres annonçaient directement aux agences la reprise prochaine des actions dans la perspective du procès du 11 avril et précisaient : «  Nous vous prions d’en avertir votre personnel, sachant que comme par le passé, nos actions sont absolument pacifiques et non-violentes, et nos militant·e·s profondément respectueux·ses des salariés de la BNP. »

 

Les Faucheurs de chaises rappellent qu’ils n’ont jamais procédé à des « intrusions violentes » comme l’évoque BNP Paribas. Les actions de réquisitions citoyennes de chaises ont toujours été menées dans des agences ouvertes au public, dans le plus grand calme, et en prenant toujours soin d’expliquer aux personnels présents l’action qui était menée. Ces actions sont menées en toute transparence et photographiées et filmées par les Faucheurs eux-mêmes et par les médias, invités aux actions [2]. Les plaintes déposées par BNP Paribas concernent d’ailleurs l’emport de chaises et non de supposées violences. Comme Jon Palais, le premier faucheur de chaises poursuivi par la BNP, Florent Compain est ainsi poursuivi pour « vol en réunion » et non pour violences.

 

Les Faucheurs de chaises prennent acte de la volonté de BNP Paribas de ne pas demander réparation pour les chaises emportées — et depuis remises à la justice le 8 février 2016 à Paris à l’occasion de l’ouverture du procès de Jérôme Cahuzac. Cette absence de constitution de partie civile de BNP Paribas n’a pas d’effet sur les poursuites engagées qui suivent leur cours, et n’annule pas la convocation en justice de Florent Compain à Bar-le-Duc le 11 avril, toujours poursuivi pour « vol en réunion ».

 

Nous appelons à l’arrêt des poursuites contre les Faucheurs de chaises et maintenons notre appel aux actions dans les agences BNP, toujours de manière non-violente, jusqu’au 11 avril, et notamment lors de la Semaine mondiale d’actions #StopParadisFiscaux qui se tiendra du 1er au 7 avril. Le 11 avril, une mobilisation aura lieu à la fois à Bar-le-Duc où se tiendra le procès, et à Paris devant le siège de BNP Paribas, au 16 boulevard des Italiens.

 

Nous rappelons que BNP Paribas est la banque française qui a le plus de filiales dans les paradis fiscaux et celle qui y réalise le plus gros volume de bénéfices. Elle participe ainsi au système de l’évasion fiscale en bande organisée qui prive les pouvoirs publics de moyens pour répondre aux besoins des populations les plus vulnérables, ainsi que pour répondre aux défis de la transition écologique et énergétique. BNP Paribas contribue en outre à aggraver la crise climatique en finançant des projets d’énergies fossiles dévastateurs et leurs promoteurs irresponsables, alors qu’elle s’est engagée à tout faire pour respecter les objectifs de l’Accord de Paris de limiter l’augmentation de la température globale de la planète bien en dessous du seuil de +2 °C, voire à +1,5 °C. Son soutien au terminal d’exportation de gaz de schiste situé dans la vallée du Rio Grande aux États Unis, dévastateur pour le climat, est d’ailleurs dénoncé dans un rapport rendu public aujourd’hui même [3].

 

Les Faucheurs de chaises ont toujours été ouverts au dialogue et en faveur d’un débat public, et sont disponibles pour une rencontre avec la direction de BNP Paribas, en espérant un dialogue constructif et des engagements sur l’ensemble de ces sujets extrêmement préoccupants.


Sous pression citoyenne, la Société Générale se retire du projet Alpha Coal

La Société générale a annoncé ce vendredi 5 décembre qu’elle jetait l’éponge : elle se retire du projet contesté Alpha Coal, une gigantesque mine de charbon en Australie. Il s’agit d’une première et importante victoire des mouvements citoyens qui exigeaient l’abandon de cette « bombe climatique ». Le projet doit maintenant être définitivement abandonné par ses promoteurs australiens et indiens.

À la veille d’une journée d’action nationale organisée par les Amis de la Terre, Attac et Bizi !, la Société générale a fini par reculer. Par un courriel de Jean-Michel Mépuis, directeur Développement Durable et RSE, la banque vient d’annoncer aux associations que « dans le contexte du retard du projet Alpha Coal, Société Générale a décidé, en accord avec GVK-Hancock, de suspendre son mandat. La banque n’est donc plus impliquée dans le projet. Vous pouvez relayer ce message dans votre réseau » [1].

Depuis plusieurs mois, les Amis de la Terre, Attac et Bizi ! menaient des actions communes pour que la Société Générale renonce à sa mission de conseil et au financement de ce projet de mine à ciel ouvert dans le bassin de Galilée en Australie. Prévoyant une voie ferrée et une expansion portuaire en plein cœur de la Grande Barrière de corail, ce projet serait à la fois une bombe climatique dont le développement serait à l’origine de l’émission de 1,8 milliards de tonnes de CO2 compromettant de façon irréversible les efforts pour limiter le réchauffement de la planète ; mais aussi une catastrophe pour les populations locales, la biodiversité et les milieux.

Suite à une action d’occupation des agences de la Société Générale lundi dernier, à Pau et à Paris, jour de l’ouverture du sommet mondial sur le climat de Lima (COP20), dans le cadre de la journée internationale de jeûne pour le climat, des actions de « picketing » avaient été annoncées devant une dizaine d’agences de la Société Générale dans toute la France, de Bayonne à Bourges, de Chambéry à Concarneau, de Limoges à Mâcon en passant par, Nîmes, Paris, Pornichet, Tours… Alors que la COP 20 se poursuit au Pérou, les Amis de la Terre, Attac et Bizi !, démontrent que l’action citoyenne permet d’obtenir des victoires concrètes qui sont autant de premiers pas vers la mise sous contrôle citoyen des banques et multinationales prédatrices, et pour relever le défi climatique !

La pression internationale contre GVK-Hancock doit encore s’accentuer pour que ce projet climaticide ne voie jamais le jour.

Après cette première victoire, nos associations comptent poursuivre leurs actions en 2015 en faveur du climat, notamment contre les banques et multinationales impliquées dans le secteur du charbon, énergie fossile qui reste la première source d’émissions mondiales de CO2, un gaz à effet de serre responsable du dérèglement climatique.


Alpha Coal : actions " picketing " devant les sociétés générales

    Situé en Australie, Alpha Coal est un projet désastreux d’extraction et d’exportation de charbon vers les marchés asiatiques. Le projet Alpha Coal comprend une gigantesque mine à ciel ouvert dans le bassin de Galilée, une voie ferrée et une expansion portuaire en plein cœur de la Grande Barrière de corail. Le projet, soutenu pas la Société Générale, ouvre la voie à une bombe climatique. En vue de la COP21 à Paris l’an prochain, mobilisons-nous et stoppons Alpha Coal.


Le changement climatique ne tombe pas du ciel


Alpha Coal émettra en 30 ans environ 1,8 milliards de tonnes de dioxyde carbone, un des gaz à effet de serre responsable du dérèglement climatique en voie d’accélération dramatique. Il ouvrirait en outre la voie à d’autres projets similaires dans le même bassin, et constituerait ainsi le détonateur d’une des principales bombes climatiques de la planète.

La Société Générale soutient ce projet en ayant un rôle actif dans les études de faisabilité et les recherches de financement.

Malgré tous ses beaux discours sur le développement durable et l’importance de la lutte contre le changement climatique, la Société Générale va ainsi contribuer :

  • à transformer la Grande Barrière de corail en une autoroute maritime du charbon, menaçant ainsi la biodiversité d’un des plus riches écosystèmes de la planète ;
  • à faire éclater une véritable bombe climatique, dont l’impact touchera l’ensemble de l’humanité.

Nous pouvons empêcher Alpha Coal


Les Amis de la Terre, Attac et Bizi ! appellent tous les citoyen-ne-s refusant d’être entraîné-e-s dans une fuite en avant vers le chaos climatique à réagir sans plus attendre.

Le samedi 6 décembre 2014, organisons des picketings (groupe de citoyens tournant avec des panneaux explicatifs, en silence ou équipés de sifflets) devant les agences de la Société Générale situées dans nos villes ou nos villages, pendant une durée d’une heure.

Nous serons alors en pleine COP20, conférence de l’ONU qui prépare notamment la feuille de route de l’important sommet international sur le changement climatique prévu à Paris fin 2015.

Ces actions picketting lanceront une campagne ininterrompue d’interpellation et de pression sur la Société Générale, jusqu’à obtenir son retrait définitif du projet Alpha Coal.

Ensemble, empêchons la Société Générale de larguer une bombe climatique : STOPPONS ALPHA COAL !

Campagne « Stop Alpha Coal ! »

Campagne lancée par les Amis de la Terre, Attac, Bizi ! et ouverte à tous les mouvements et réseaux souhaitant y prendre part. Rejoignez nous ! Ensemble, nous stopperons Alpha Coal !

Pour plus d’informations sur l’organisation ou le déroulement de ces actions picketting, découvrez le kit action ou écrivez à : jagis@stop-alphacoal.org